Saint-Claude par Monts et par vaux

Par monts, du haut de leur falaises, les points de vue nous appellent à la contemplation d’une nature verdoyante, d’une chaine de montagne, d’un coucher de soleil, d’une vallée.

Et par vaux, dans leur forêts et vallées encaissées, les cascades, les grottes, les gorges nous offrent la fraicheur et nous exposent leur forces pour nous ramener à la base de la vie car sans eau nous ne pourrions vivre.

Ce trek regroupe tous (ou presque) les plus beaux coins des alentours de St Claude, du fin fond de la vallée jusqu’au sommet des Hautes Combes. Il traverse des paysages emblématiques du Haut Jura pour nous faire découvrir toute la force de caractère qui s’en dégage.


Je créé mon itinéraire sur ordi, 78km D+3400m sachant que sur le terrain j’ai toujours un écart énorme entre les données initiales (théoriques) et les données GPS, je sais qu’il faut que je compte environ 25km D+/-1000m par jour pour être sûre de boucler ce trek et de ne pas me retrouver avec 40km à faire le dernier jour.


Un problème de dentition nous fait pendre le départ plus tard que prévu (vers 11h45), on perd quasiment une demi-journée de marche.

Par chance je trouve une place de parking aux Gorges de l’Abime (point de départ de notre trek).

Chose « improbable » notamment pour les personnes non véhiculées où plus écologiques que moi, il est possible de partir depuis le centre ville, plus exactement depuis la salle des fêtes et c’est je pense, le meilleur point de départ pour équilibrer plus facilement les journées de marche.

On parcourt une partie des gorges, sans vraiment s’y attarder.

Attention, en fonction de la saison les gorges sont très fréquentées, le sentier est étroit, très glissant et pas toujours sécurisé, il est aussi aménagé d’escaliers, passerelles, marche-pieds.

Ne vous engagez pas avec un chien débutant ou trop fou !

On se dirige vers le Crêt pourri, Iron veut déjà faire demi-tour… Je ne sais pas ce qui lui arrive en ce moment mais il n’a plus trop envie et part en courant au moindre gros bruit…

Ca grimpe toujours autant pour rejoindre ce crêt pourri ! Il fait déjà bien chaud et l’eau potable que contient ma poche à eau descend à vu d’oeil…

On profite de la vue depuis le Crêt pour faire la pause sandwich. Iron vient analyser le sandwich de très près puis s’assoie avec son faux air innocent en faisant semblant de ne pas attendre de Sandwich mais les filets de bave qui coulent sur mon pantalon le trahissent !

En rando je partage toujours mon sandwich avec lui. Déjà que le pauvre mange des croquettes au lieu de manger de la viande crue, il faut bien qu’il trouve un avatange quelque part.

Je ne sais toujours pas où on va dormir, j’ai bien une petite idée mais tout dépendra de notre avancement et de notre motivation.


Pour un tracé de randonnée à la journée ou plus de photos des Georges de l’Abime et du Crêt pourri cliquez ici.


On reprend le chemin en direction du belvédère « sur les grés » qui est notre objectif pour ce 1er jour de marche.

Il y a de beaux passages alternants forêt et points de vue puis le paysage se transforme progressivement, on se rapproche des hautes combes.

Aux grés, c’est l’heure de la pause ! Il est 16h00, on a fait 14km et D+1000m.

Je sors la carte IGN, sachant qu’il faudrait qu’on avance d’avantage pour que les journées de marche soient bien réparties et garder un cap moyen de 25 km et D+1000m par jour.

Je connais le terrain et je sais que plus bas le bivouac est « impossible », ce qui nous obligerai à remonter quasiment jusqu’au belvédère de la roche blanche (la montagne en face) pour bivouaquer…

Ce n’est pas énorme peut-être 5 km et D+500m pour atteindre le belvédère de la Roche Blanche (sans parler du dénivelé négatif).

Iron en a marre et je n’ai pas envie de me cramer les jambes sur cette 1ere journée donc je fais le choix de stopper la journée ici.

Demain matin nous pourrons refaire le plein d’eau potable à la cascade du moulin d’Aval.

 

La nuit à été calme et la température plutôt agréable. Après un bon petit dejeuné, nous attaquons la descente assez raide en direction de la cascade du Moulin d’Aval.

Le sentier coupe parfois la route en lacets, la cascade n’est pas bien loin, en contrebas de la route.

On profite de celle-ci, Iron pour se baigner et moi pour faire le plein d’eau, avant d’attaquer le dénivelé positif qui nous emmène jusqu’à la Cernaise.

Le chemin est raide et legèrement technique. On rejoint de-nouveau la route avant de la quitter définitivement après avoir passé le petit pont en pierre.

Le chemin s’élève dans la forêt jusqu’à la Cernaise, on poursuit en direction des Molunes, la vie neuve et on suivra le GR jusqu’à Cariche.

Environ 150m avant Cariche, une source est indiquée sur la carte IGN, je ne l’ai pas vu (et pas cherché), je me demande si ce n’était pas à l’abreuvoir à vache bleu, sur la gauche, un peu en contrebas. Mais si c’est ça, il me semble impossible de prendre de l’eau… car si c’est comme les autres abreuvoirs, le tuyau d’eau est fixé au système de flotteur qui permet d’avoir un niveau d’eau constant dans les abreuvoirs.

A Cariche, il y a 2 options :
– Suivre le GR en direction de Lajoux (grand tour)
– Suivre le balisage jaune pour atteindre directement les trois cheminées (moins de passage dans les hautes combes mais on évite la longue partie en forêt, 10/15 km totalement inintéressants).

Pour ma part j’ai continué sur le GR jusqu’au Manon pour ensuite reprendre le balisage jaune qui emmène jusqu’au trois cheminées, notre objectif de cette 2eme journée.

Après avoir pris la piste forestiere de la loge, le chemin devient très ennuyeux, des kilomètres et des kilomètres en forêt sans rien voir… Il fait chaud, le niveau de ma poche à eau diminue beaucoup et toujours aucune source. Petite baisse de motivation et de moral !

Le parcours devient de nouveau un peu plus intéressant.

Sur le chemin, je trouve pleins de chaussettes pour chien… qu’ils ont dû perdre cet hiver dans la neige.

Une partie du tracé est détournée à cause d’exploitation forestière… Ce qui fait un détour et oblige à emprunter la route sur environ un kilomètre.

La vue est magique, la lumière, l’ambiance des hautes combes est unique ! Que ce soit en hiver sous la neige ou en été les hautes combes procurent toujours un sentiment indescriptible.

On arrive aux trois cheminées, quasiment sans eau potable mais d’après la carte IGN il y aurait plusieurs sources à proximité de Bellecombe, nécessitant des petits détours mais c’est toujours mieux que rien si ça peut permettre de refaire le plein d’eau…

Honnêtement je n’ai même pas cherché les sources d’eau, même pas celle censée être quasiment au bord de la route, je me suis arrêtée directement à un distributeur de bières made in Jura ! Ce distributeur de bière, c’est en fait L’auberge la Guienette.

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la photo n’est pas de moi

J’ouvre la porte de l’auberge et là je vois un gros chien arriver vers nous, PUNAISE ! Je recule et ferme la porte au nez du chien… vu qu’Iron a du mal avec les males, surtout avec ceux de son gabarit, je suis assez inquiète.

Des personnes entre derrière moi et le chien en profite pour sortir voir Iron, je surveille depuis l’intérieur mais les laisse se débrouiller . Ca joue un peu brusquement mais pas d’accroche. Chose impensable Iron se laisse même grimper (je savais que t’étais une lopette mon gros-gros, il n’y a qu’à voir comme tu pars en courant quand t’as peur !)

Finalement je décide de passer la nuit ici ! Le repas du soir et le petit déjeuné sont compris dans le prix de la chambre, pour les chiens il y a un supplément de 6€.

On m’a proposé de dormir en dortoir en laissant Iron dans la partie commune (couloir / SAS d’entrée) mais j’ai préféré prendre une chambre seule, plus chère mais au moins Iron pouvait se reposer sans être perturbé.

L’heure du repas sonne, j’ai une grosse apréhenssion en apprenant que c’est de la blanquette de veau au menu car je n’aime pas la vraiment la viande, parfois ça me dégoute rien que d’y voir… Mais c’est sans compter sur le chef de la maison qui pourrait faire changer de bord un végétarien (s’il ne l’ai pas par conviction) tellement la viande est bonne et bien cuisinée !

Le repas est plutôt simple (j’ose dire ça alors que je ne cuisine jamais, que je suis nulle et que j’ai horreur de ça !) mais très bon et copieux ! Je me suis pété le bide comme on dit !

Moi qui n’aime pas spécialement manger, en rando, je ne pense qu’à ça, je rêve de restau ! s’il y en a un sur mon itinéraire, je craque ! il faut dire qu’entre un plat de pates ou du lyophilisé et un restau, il n’y a quand même pas photos…. En plus c’est une manière de retrouver un peu de confort et la civilisation, j’entends les aventures des uns et des autres et je sourie.

Après le repas, je laisse Iron se reposer et part faire quelques photos.

J’aurais bien dormi plus longtemps, mais je n’ai pas pensé à demander à quelle heure était le petit dej, du coup j’ai mis le réveil assez tôt pour rester attentive aux bruits de l’effervescence du matin.

Au petit dej, les morceaux de beurres et les bols de confiture sont gros, j’ai honte d’en prendre entier car je sais que je ne mangerai pas tout…

Puis viens l’heure de reprendre le chemin après cette alte agréable.


Direction le crêt de chalam, un de mes endroits préférés. Iron à l’air d’avoir mal pattes… Et n’est pas du tout décidé à quitter l’auberge !

La Sardaigne à été vraiment hard pour les coussinets et la récupération difficile. L’eau devient son let motiv’ car aujourd’hui on passe le seul lac du parcours ! Et il a l’air préssé d’aller à l’eau, il faut dire qu’il fait très chaud…

Sous le chalam, il y a un cour d’eau ou on peut faire le plein, Iron lui en profite pour se rafraichir, ce n’est pas très profond alors je prends la gamelle pour lui verser de l’eau dessus afin qu’il soit entièrement mouiller.

On monte le crêt, quand je pense que je vais faire ça en trail… Bon ok, je préfère ne pas y penser !

Il y a plein de fourmies volantes, c’est complètement envahi, c’est horrible, du coup on ne traine pas. C’est la 1ere fois que je vois ça, visiblement ça n’est qu’une petite période sur l’année).

On vérifie que les Alpes soient toujours à la même place et on redescend. 

On part maintenant en direction du lac de l’embouteilleux en passant par les crêtes du Nerbier, Malatrait, l’Anquerne.

Il est aussi possible de rejoindre le lac en passant par la Pesse, ça fait un détour mais il y a tout le necessaire souhaité dans le village (superette, boulangerie, magasin de sport, office de tourisme, fromagerie, etc…)

Le lac de l’embouteilleux est très jolie mais un peu « maricageux », il n’est pas évident pour les chiens de gagner l’eau, en longeant un peu le lac, on peut trouver des coins avec un sol plus stable et sans roseaux.

On récupère le GR en direction des Moussières, il y a un « long » passage sur goudron et on traverse pas mal de champs de vaches, Iron n’est pas vraiment rassurer.

Sans parler du goudron, le chemin est vraiment agréable.

On vit nos derniers moments dans les hautes combes avant de gagner le belvédère de la roche blanche, perché sur la falaise au dessus des cascades du Flumen.

On arrive « au dessus » de St Claude, à la roche Blanche, je suis obligée de monter la tente proche du point de vue car je ne trouve pas de zone assez plane qui serait un peu à l’écart… J’admire le coucher de soleil, le dernier de ce trek !

Demain la journée va être tout de même rude, un enchainement de montées et descentes parfois dans la rocailles et les buis. Il faudra profité de chaque cascade qu’on trouvera sur le chemin pour se rafraichir.

La chaleur du matin, nous fait fuire de la toile de tente, si j’avais su qu’on ait une telle météo, je n’aurais pris qu’un sur-sac et pas la toile de tente, presque 1,5kg en moins dans le sac ne m’aurais pas contrarié.

On descend en direction des cascades du flumen, la pente est très raide et un peu casse-gueule, elle peut faire souffrir les genoux fragiles.

Les cascades ne sont pas sur le chemin elles necessitent un aller-retour mais qui en vaut largement la peine ! ça serait un sacrilège de ne pas y aller.

On revient sur nos pas pour se diriger vers la ville St Claude, ce n’est que de la route jusqu’au stade.

Juste après le stade on retrouve les chemins de randonnée puis bientôt une nouvelle cascade.

Quasiment toutes les cascades nécessitent un petit détour, l’occasion de faire des petites pauses.

On commence par celle de la queue d’âne  avant de prendre la direction de celle de la queue de cheval.

Iron est en forme aujourd’hui, malgré la chaleur, je pense qu’il apprécie ce circuit avec de l’eau régulière.

Il n’y a ensuite plus d’eau jusqu’au parking (sauf un petit peu dans la grotte de Ste Anne).
On reprend de la hauteur pour atteindre le Mont bayard et son abri, qui offre une belle vue.

Entre l’Abri et la grotte, le sentier à été balisé, une bonne chose !

Le sentier redescend de manière raide, dans la rocaille puis dans les cailloux bien roulants et c’est très casse-gueule. Il arrive ensuite sur des escaliers métaliques assez raides qui peuvent apporter des difficultés à des chiens non habitués. La grotte Ste Anne est juste après, on fera aussi un aller retour au belvédère de l’ermitage qui se trouve un peu plus en contrebas de la grotte (balisé).

En cas de doute pour cette partie notamment pour les chiens, ou si vous êtes plus à l’aise dans les montées, il est préférable de faire le parcours en sens inverse pour avoir les pentes raides en montée et non en descente.


Pour un tracé de randonnée à la journée ou plus de photos des sur les curiosités du Mont Bayard cliquez ici.


On quitte ensuite le balisage sur une toute petite portion.

Cette partie non balisée permet de faire la liaison entre le Mont Bayard et les Gorges de l’Abimes (notre point de départ).

Arrivé aux Gorges de l’Abimes, Iron prend le chemin le plus court (chemin emprunté à l’aller mais il est préférable de prendre la partie non faite à l’aller pour voir le reste des gorges et boucler la boucle). 

Au parking, Iron ne veut plus décoller de la voiture, il est vraiment heureux d’être arrivé ! Je lui mets la clim et descends seule à la cascade de la combe, située en face, en contrebas de la route.


En bref

Un magnifique parcours comportant de petites portions un peu techniques.

Il est préférable d’inverser le sens si vous avez des problèmes de genoux pour privilégier les 2 pentes raides à la montée et les pentes plus douces pour la descente. (sauf Crêt de Chalam qui est dans le « bon » sens).

Préférence de saison : printemps et automne pour plus de fraîcheur et beau débit d’eau aux cascades. 

Le temps à consacrer :
Entre 25h00 et 35h00 de marche (hors pauses) selon le niveau. Comptez 4 jours au minimum pour un bon marcheur.

Les plus :
– Un départ possible depuis le centre ville (salle des fêtes) en apportant une très légère modifications de parcours. Idéal pour les personnes non véhiculée.
– Un choix d’autonomie : en apportant quelques modifications il est éventuellement possible d’envisager de dormir dans des herbegements (auberge, camping, etc…).
– Une boucle adaptable et dissociable. Exemple boucle 1 : Environs de St Claude, boucle 2 : Hautes combes, ou même en différents itinéraires de rando à la journée.

Les moins :
– Le manque d’eau potable sur certaines portions
– Difficulté sur certaines portions du parcours
– Une liste d’hébergement acceptant les chiens très limitée (pour ceux qui ne veulent pas faire d’autonomie).

Liste des hergements acceptants les chiens :

– Hôtel Saint Hubert – St Claude (détour)
– Chambre d’Hote Retour de la chasse – Villard Saint Sauveur (détour)
– Camping – Villard Saint Sauveur (sur le trajet)
– Chalet des Sibériens, Septmoncel (détour)

– Logis Hôtel de la Haute-Montagne – Lajoux (environ 2km de détour)
– Hôtel la Petite Chaumière – Mijoux (environ 2km de détour)
– Hôtel le Soleil – Mijoux (environ 2km de détour)
– La Guienette – Les trois cheminées, Bellecombe (sur le trajet)
– Chez Verguet – Les trois cheminées, Bellecombe (sur le trajet)

Itinéraire



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