Le cheval blanc

Alors qu’on revient tout juste de voyage en Ecosse sans avoir fait aucun bivouac à cause de la météo, j’ai vraiment envie de passer la nuit en montagne et aussi de faire un 3000m … mais lequel ? Sassière, Mont Thabor, Barrhorn, … ?

Après 16h00 de route en 2 jours, je me rends compte que je n’ai finalement pas envie de faire de la route, ni trop de dénivelé. Je me rappelle alors de cette randonnée qu’on devait faire il y a plus de 4 ans « le cheval blanc » en Suisse et qu’on a finalement jamais faite.

Je ressors mes bibles (tous mes numéros d’Alpes magazine) à la recherche de cette rando, puis trace mon parcours en tenant compte de la difficulté des différents sentiers.

Après moins de 24h00 passées à la barraque, on reprend la route jusqu’à Vallorcine, on passe la nuit dans la voiture pour prendre le départ le lendemain matin.


Depuis l’office de tourisme, on part en direction de la Cascade de la Barberine.

Il fait chaud ! Après 3 semaines de météo Ecossaise, les 15°c supplémentaires sont rudes, pour Iron comme pour moi.

Le sentier évolue en sous bois, c’est assez jolie, en revanche la cascade n’est pas extraordinaire et les chiens ne peuvent pas accéder à l’eau.

 

On continue en direction du col de Passet, mon GPS sonne et m’annonce « piles faibles ». Comment est-ce possible ?! J’ai changé les piles ce matin avant de partir ! Après 2h00 de marche les piles sont déjà vides… du jamais vu ! J’espère que les 2 autres vont tenir car c’est les dernières qui me restent.

On arrive au lac d’Emosson qui est très fréquenté car accessible avec le train panoramique VerticAlp.

On fait un très léger détour pour descendre au bord du lac afin de faire une pause et qu’Iron puisse se rafraichir.

 

On reprend notre route en direction du col de la Terasse par la gorge de la Veudale, là ça devient vraiment interessant, au fur et à mesure de la montée, le paysage se transforme et devient plus minéral.

Iron est quant à lui très heureux de retrouver les névés ! Les gens rigolent en le voyant se laisser glisser dans la neige, les 4 pattes en l’air.

 

La vue se dégage, on trouve de nombreuses gouilles avant d’arriver au col de la terrasse, mon GPS sonne de nouveau pour m’alerter que les piles sont faibles et il s’éteint pour la 2eme fois… mais cette fois-ci, je n’ai plus de piles et donc plus de GPS.

Punaise, j’ai voulu faire ma radine en achetant un paquet de 10 piles à 1 Livre sterling ! Si j’avais su, je me serai abstenue. Bien entendu, je n’ai pas pris le temps de télécharger la carte Suisse pour pouvoir l’utiliser en hors ligne avec mon téléphone. Heureusement j’ai bien le parcours en tête mais quand même dès que je trouverai du réseau je téléchargerai ma trace GPX pour m’assurer de temps à autre que je ne me trompe pas de chemin.

On arrive au col de la terrasse qui offre un très beau panorama sur la chaine du Mont Blanc, ce jour là, les nuages étaient de la partie mais après 3 semaines de météo Ecossaise, on apprend à faire avec !

J’en profite pour jetter un oeil ou chemin qui descend directement du col de la terasse au chalet de Loriaz, soit disant très difficile voir dangereux. D’en haut il n’a pas l’air tant difficile mais je ne vois pas la totalité du sentier.

 

Le Lac Vert est annoncé à 5 minutes depuis le col de la Terrasse. C’est encore trop tôt pour le bivouac pourtant il faudra bivouaquer dans le secteur si on veut pouvoir avoir de l’eau à proximité.

2 Choix se présentent : glander dans le secteur autour du Lac Vert / col des Corbeaux ou tenter le Cheval Blanc aujourd’hui en sachant qu’il faut environ 2h00 et que ça fera un peu tard par la suite…

 

Parfois je suis un peu comme Iron, un poil fainéante alors je choisi de glander mais à vrai dire on ne chaume pas vraiment car on enchaine des aller/retours pour trouver le « SPOT BIVOUAC ». Iron en a marre que je change d’avis, il fait son chiant et pleure. Bon je pense qu’il est loin d’être indifférent à l’odeur des cuisses de poulet qui trônent sur mon sac de rando et que c’est uniquement pour ça qu’il est préssé de se poser  !

Pour éviter de fatiguer Iron pour rien, je le laisse « assis, pas bouger » près du sac à dos mais voyant la distance, j’en aurais pour plus longtemps que prévu alors je l’appelle. Mon salaud ! j’ai à peine prononcé son nom qu’il arrive déjà par le coté opposé, ça veut dire qu’il n’était pas resté au sac à dos, il avait fait un détour pour me suivre discrètement sans que je ne le vois ! Je lui fis remarquer et il est visiblement très heureux et fier de lui car il rigole.

17h30, il se met à pleuvoir… mais ce n’est pas possible, elle ne va pas nous lacher des vacances celle-là ! Je monte la tente en urgence pour qu’on puisse se mettre à l’abri car Chamonix.météo n’avait pas annoncé l’averse, c’était écrit un truc du genre « probablement pas d’averse !  » donc je n’ai pas pris de k-way.

Sous la tente, l’attente est longue, puis le tonerre éclate au loin de l’autre coté de la vallée, je vois la tête d’Iron se décomposer et chercher un tout petit coin pour se cacher, puis m’écraser au passage… Mais quelle mauviette !

J’espère que la pluie va cesser rapidement car je ne suis pas très sereine vis à vis de l’étanchéité de ma toile de tente… ma double toile est un peu pourrie suite à un oublie de séchage ce qui diminue l’étanchéité. Au prix de toiles de tentes j’ai mon oublie un peu au travers de la gorge….

Après plus d’une heure d’averse, la pluie cesse enfin et on est toujours au sec !
Le paysage prend de belles teintes, Iron sort tout juste la tête de la toile de tente… Tiraillé entre la peur que la montagne vienne à s’écrouler et l’envie de me suivre pour profiter de ce merveilleux paysage.

Je fais la popotte, elle est cassée et je ne sais pas si ça va tenir… les pates cuites, le coté passe au travers… seul le fond de la popotte reste sur le rechaud et j’ai foutu plein de pates par terre. Zut alors !

Ce matin il fait grand beau, on marche en direction du Cheval Blanc. On s’est arrêté sous le sommet, à la dernière corde, je pense qu’on aurait pu monter mais la descente qui se fait par le même chemin est plus délicate !

On revient sur nos pas pour aller en direction du barrage du vieux Emosson en passant par les traces de Dinosaures (que je n’ai pas su voir !)

Je ressors ma barre de céréale, à l’intérieur il y a comme des grains de sables, d’habitude elles ne sont pas comme ça, pensant que c’était du sable resté dans ma sacoche depuis le voyage en Sardaigne, je gratta avec l’ongle pour gouter… Bah non ce n’est pas du sable, ils ont peut être changé un peu la composition.

Arrivé au 3/4 de ma barre, je la sors totalement de l’emballage, cette fois-ci je trouve vraiment quelque chose de bizarre, je retourne la barre pour regarder à l’endroit où j’ai croqué et là je vois des gros asticots, ma parole j’aurais pu aller à la pêche avec sans problème !

Je ne m’attarde pas sur cette vision qui risquerait de me rendre malade de dégout, je remets donc calmement la barre dans son sachet et la range dans ma sacoche. Je me racle un petit peu la gorge et bois quelques gorgées d’eau avant de continuer ma route.

Ca fait longtemps que j’ai envie de manger des insectes mais grillés pas vivants !

On rejoint maintenant le lac d’Emosson (par le sentier et non la route) le chemin est super jolie, avec des escaliers, des marches pieds, etc… Je ne regrette pas d’être passée par là.

On arrive au lac, on gagne le bord de l’eau pour faire la pause casse croute et qu’Iron puisse se baigner.

Il y a beaucoup de monde, un couple arrive avec une enfant… la femme et la gamine se mettent juste au bord de l’eau et jettent des cailloux dans l’eau. Plusieurs personnes passent par ici pour faire baigner leur chien.

La femme fait une tête et parle avec dégout des chiens « sales bêtes, beurk, c’est dégueulasse, j’en ai marre de tous ces chiens, … » alors que sa gamine est limite en train de jetter des cailloux sur un autre gamin et que son mari a sorti son drone sans même demandé si ça dérangeait !

Je la fusille du regard, je suis à la limite de l’explosion… alors avant de l’ouvrir, je plie mes affaires et pars.

Oui parce qu’il y en a marre qu’en tant que propriétaire de chien on soit obligé de se plier en 4 afin de ne surtout pas déranger les autres au risque de voir de nouvelles interdictions fleurir . Alors que les gens et notamment quand ils sont parents ne prêtent aucune attention au fait qu’ils puissent eux ou leur gamin, déranger les autres sans jamais se voir contraints !

On prend maintenant la direction du chalet de la Loriaz, le sentier est assez technique avec des passages cablés, etc… on devrait retrouver un peu de tranquillité.

Je suis obligée d’aider Iron sur un passage, certainement gêné par son sac de bat encombrant, quand j’entends une voix qui me propose de l’aide, un trailer, je refuse en le remerciant et m’excuse de l’avoir obligé à s’arrêter.

 

Je suis très fiere d’Iron, il faut dire que depuis le « dépucelage de verticalité » organisé par les copains, j’ai l’impression que certains passages techniques sont devenus un jeu de chiot pour lui, je pense aussi qu’il a perdu pas mal de poids en Ecosse et que c’est maintenant plus facile de soulever son cul-cul !

Sur les portions techniques, je lui enlève son sac de bat (Ruffwear Approach) il est très bien mais en montagne, ce n’est quand même pas l’idéal car le volume des sacoches peut gêner un peu le chien.

Je pense investir dans le Ruffwear Singletrak, tout en gardant le ruffwear approach pour des rando plus longues ou moins techniques.

On arrive au chalet de Loriaz avant d’entamer notre dernière descente en sous bois vers Vallorcine.

Une rando tout en Zig et en Zag comme j’adore !


Une très jolie rando qui peut être modulée selon notre niveau car il y a plusieurs sentiers plus ou moins techniques mais le sommet du Cheval Blanc est difficilement accessible (équipé de chaines et de cordes) il est impressionnant et donne un peu le vertige.

D’après les dires, le passage par le Val de Tré les Eaux pour rejoindre le col des corbeaux serait le plus beau mais technque aussi : passages en escalade / passages équipés.

Le temps à consacrer :
Une grosse journée à 2 jours en fonction de l’itinéraire choisi.

Les plus :
– le paysage
– il y a pas mal de gouilles / lacs

Les moins :
– la technicité de certains passages
– par moment les chiens doivent être attachés (c’est écrit sur les panneaux, présence de moutons mais on en a pas vu).

Attention !  On passe la frontière Suisse, les chiens doivent être identifiés et vaccinés contre la rage. Le sommet du cheval Blanc est à la limite de la Réserve naturelle de Sixt Passy – interdite aux chiens.

A proximité :
Coté Suisse il y a pas très peu d’interdiction concernant les chiens, ce qui laisse un grand choix pour les rando !

Coté français, il y a par exemple : l’aiguillette des houches, la jonction, …


Itinéraire


N’ayant plus de GPS. Il est probable que le tracé ne soit pas tout à fait exacte car non corrigé avec les données de terrain et que le nombre de km et le dénivelé soient légérement supérieurs.

Les sentiers sont bien marqués, il y a des cairns et des indications.

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